La Traversée de la mort
par Jamal Youssfi
(en collaboration avec les éditions Les Nouveaux
Disparus)
théâtre, 165 pages
"Mon
être se transforme en une feuille volatile
que
l’on peut plier en quatre, à mettre dans
une
enveloppe avec un timbre, un petit écrite-
au
et une adresse: Quelque part en Europe!
Je
veux pouvoir disparaître et me réveiller ail-
leurs.
Hé!
Regardez!Vous avez la chance de me
croiser
sur votre chemin car:
Je
suis le Harag et le Harraga:
Le
Brûleur et le Brûlé!
Je
suis celui qui vous fait disparaître!
Je
suis celui qui peut vous emmener ailleurs!
De
combien disposez-vous?
Alors
que voulez-vous?
Je
veux pouvoir m’envoler comme un oiseau
libre
de ses chaînes et me diriger vers la
Liberté
que j’ai choisie." |
 
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L'ampoule grillée
par
Fred
nouvelle, 30 pages
"Et
les heures, comme d’habitude, passaient in-
utiles,
sans qu’il ne fasse rien, bercées de mu-
sique.
Il
recrachait la fumée grise en toussant de
temps
à autre, seul dans son antre. Plus rien
ne
se passait jamais dans sa vie qui restait vide,
sans
une chose qui l’intéressât encore; même
ses
plus beaux projets ne le motivaient plus
bien
qu’il les ressassait tout au fond de lui.
Pourquoi
?"
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Mirage Mécanique
par Vlem
nouvelle, 25 pages
"Elle
avait été jolie. Très jolie même. Ou
peut-être l’avait-il perçue ainsi ...
De lourdes quantités de fumée avait
transformé sa voix cristalline en une mé-
lopée de coassements rauques, avait fait
brunir à petit feu ses phalangettes, qui
jadis, quand elles rampaient sur son corps,
l’emplissaient de frissons et lui arrachait de
brusques onomatopées de jouissance. Ses
dents également, ses dents qui avait mordi-
llé ses lèvres avec passion, avait perdu leur
éclat. L’émail en était comme écaillé. Là où
dans cette bouche avaient dansé des perles,
se bousculaient à présent quelques cailloux
grossiers."
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L'éternel adieu par
Nestor Kéa
roman, 120 pages (pour la première partie)
"Penché
tout contre
l’horizon, le soleil dé-
clinait
à vue d’œil. La lumière s’était adoucie,
désormais
d’une couleur fauve, supportable,
pareille
à celle d’un incendie qui menacerait
la
ville, depuis la colline la surplombant. Il
coulait
de ce volcan des rayons rougeoyants,
qui
contournaient les édifices et brillaient
avec
fulgurance, aussi rapides que des étoi-
les
filantes, comme des volutes de feu qui
cognaient
contre les vitres et les toits des
immeubles,
avant de dévorer les regards des
passants."
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Lis ma vie par
Martin
autobiographie, 200 pages
"Ma chère
maniaco-dépression,
Voilà
bien longtemps que tu me pourris la
vie
au point que je rêve d’être amputé de toi
à
tout jamais. Oui, tu lis bien : une ablation
pure
et simple comme on retire un cancer
car
depuis tout ce temps tu fais partie inté-
grante
de ma personnalité au point que j’ai
du
mal à faire la part des choses. Clara me
disait
prolixe et soliloqueur, ma psychiatre
préfère
dire logorrhéique au point de ne plus
faire
de distinction entre une manière d’être
et
un signe pathologique de la manie." |

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